Soyons open? Réflexion autour de l’open innovation et l’open data

Alors après une semaine de repos (nous y reviendrons dans le post suivant), je veux parler avec vous de ce mot tendance qu’est l’open. Et je ne parle pas de tennis (US open ou open d’Australie), mais bien de cette volonté affichée de donner l’accès ou de partager des données au plus grand nombre.

Beaucoup d’entreprises ou d’acteurs publics commencent à se tourner vers l’open data, volontairement ou non vous allez me dire, et cherchent alors de nouveaux moyens de générer des revenus. Le moyen pour moi de vous en parler est de faire un retour sur une conférence qui a eue lieu dans les locaux de mon école il y a 10 jours sur ces thèmes (organisée par mon collègue Rony Germon, responsable du Msc Data Management). Au menu, une table ronde d’experts suivie d’un débat avec les participants présents. Cette table d’experts était constituée de:

– Me. Isabelle Landreau: Avocate spécialisée en propriété intellectuelle et droit des nouvelles technologies
– Thomas Laborey: Vice-Président DAMA France, Président de Blooming Partners
– Edouard Schlumberger: Fondateur, CEO de Vroom Vroom
et de moi-même.
Chacun a pu commencer à exprimer ce qu’il entendait par open data et open innovation, avant de présenter selon elle ou lui les principaux risques et enjeux. Pour Maitre Isabelle Landreau, le plus important ne réside pas dans l’accès ou non mais bien dans la protection des données en tant que telle, la classification des données notamment et l’importance de réglementation autour de l’accès à ces données. Pour Thomas Laborey, il s’agissait surtout d’arrêter de penser données, mais bien de penser nouveaux business, nouvelles capacités d’innovation grâce à ces données. Édouard Schlumberger a présenté son entreprise (qui permet une comparaison des scores de réussite de toutes les auto-écoles en France) qui s’appuie sur les données (supposées publiques) du gouvernement. De mon coté, j’ai surtout abordé les premières recherches sur l’open data et l’open innovation et ai commencé à comparer les approches par pays.
Et le débat s’est vite tourné sur les différences culturelles fortes quant à l’open data et l’open innovation. Nos voisins américains ont vite compris l’importance de l’ouverture des données pour co-créer des nouveaux business modèles et générer une nouvelle valeur collective. En France, il semblerait que l’on veuille encore garder le tout secret, même si des initiatives comme celles des Pages Jaunes (avec son YellowAPI) doivent être signalées, elles restent encore marginales.
L’autre question importante est la notion stratégique: est-elle dans la donnée, dans sa récupération, son utilisation ou dans son transfert à des partenaires ? Les avis divergent et à mon avis ne pourront être unanimes. Pour autant, il faut bien comprendre qu’avec les montagnes de données que les entreprises possèdent et récupèrent (il y a juste à voir tout ce qui se passe en 60 secondes sur les réseaux sociaux notamment), elles ne peuvent technologiquement pas les gérer toutes seules.
60sec
Et c’est là qu’est tout le paradoxe: d’un coté, il faut des données (et de plus en plus), mais en tant qu’entreprise je ne peux les analyser et encore moins les utiliser seule, et de l’autre coté, je ne veux pas que d’autres y ai accès (pour améliorer ou travailler conjointement) sous peine de peut-être perdre quelque chose (et par quelque chose on ne sait vraiment pas quoi bien souvent).
Au final, l’enjeu de l’open data est réel est même si les initiatives se lancent, force est de constater que nous sommes en retard par rapport à nos concurrents internationaux. Et je n’ose même pas parler d’open innovation.
Mon point de vue sur la question est assez tranché. Le Web a été créé sur une volonté de collaboration et de partages, les données que les entreprises récupèrent sont les nôtres. Facebook n’existerait pas sans nous, Uber ne pourrait pas fonctionner sans la géolocalisation, etc. Il apparaît donc normal et essentiel de « rendre » ou « partager » ses données. Ensuite la question de la génération de revenus se pose. Pour Vroom-Vroom notamment, l’argent généré passe par des services complémentaires mais pas directement des données récupérées. Charge à chacun d’être innovant.
Et vous que pensez-vous de l’open data ? de l’open innovation ? Au plaisir de vous lire

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