Social media et temps: sommes-nous au final immortels ?

Et si l’immortalité que beaucoup d’entre nous cherchent ne se trouvait pas juste devant nous…

Pour reprendre William Faulkner: « l’être humain est mortel et sa seule chance d’immortalité est de laisser quelque chose d’immortel sur Terre ».

Une première phrase un peu particulière me direz-vous mais qui lance mon post de cette semaine. Je parlais avec des amis il y a peu de la place que chacune et chacun peut souhaiter laisser (ou pas) et du désir (caché ou non) de marquer son temps, voire d’être immortels (je vous rassure tout de suite, je n’ai pas ce souhait).

Toute une discussion.. et puis mes pensées se sont mises à errer pour me dire que les enfants sont une forme d’immortalité (et les générations suivantes) grâce à ce que nous leur apprenons, ce que nous leur inculquons notamment. Mais après 2 ou 3 générations, que reste-t-il vraiment ? Peu de choses.

Et puis la question du Web est revenue assez vite dans le discours. Plus précisément de la trace que nous laissons sur le Web. Tout le monde sait que rien ne s’efface ou ne disparait vraiment de la Toile et que Google (pour ne pas le nommer) garde bien précieusement toutes ces informations. Donc d’une certaine manière, tant que Google restera, nos informations aussi, faisant de nous (et de nos informations) des immortels.. du Web.

Alors comment faire cohabiter ce fait avec les demandes (justifiées) du droit à l’oubli numérique ? Par oubli numérique, j’entends ici la volonté de ne plus être identifiable, récupérable, contacté par les outils de communication les plus utilisés aujourd’hui: le Web et les réseaux sociaux. Certains diront qu’il est juste de pouvoir garder une droit de propriété des informations et donc de pouvoir, quand bon lui semble, demander la disparition de ces informations. D’autres avanceront le fait qu’une fois rendues publiques, ces informations justement ne vous appartiennent plus.

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Certaines plateformes se sont positionnées ouvertement autour de « cette immortalité numérique ». Facebook peut ainsi transformer votre page de profil en un véritable recueil funéraire (il faut quand même envoyer le certificat de décès officiel). D’autres ont trouvé la réponse et proposent ainsi des solutions sidérantes: je vous invite notamment à aller le projet DreamBox qui permet d’enregistrer ses rêves et de les rendre accessibles à tout le monde. A l’inverse, d’autres se questionnent encore et si elles ont une obligation légale de rétention des informations pendant un certain temps, cela n’est pas synonyme de perpétuité. Et puis les enjeux techniques vont vite apparaître (comment et où stocker toutes ces informations ?).

Au final, il serait simple de dire que d’un point de vue technique nous sommes tous immortels (les informations sur nous étant numérisées, il y a de grandes chances qu’elles existent pour une très longue période; nombreux sont ceux aussi qui parlent de robotique ou de cryogénie, d’autres de transhumanisme et de techno-science). Mais soyons plus réaliste, si nous nous rapprochons (légèrement) de ce doux rêve, le chemin est encore long et les enfants de nos enfants (oui encore eux) se poseront surement la même question… et souhaitons qu’ils n’aient pas la réponse, le propre de l’homme étant de rêver pour continuer à avancer, non ?

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